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Présentation du colloque

Ce colloque, organisé par l'UMR 6590 ESO (Espaces et Sociétés) http://eso.cnrs.fr/, a pour objectif de susciter un dialogue interdisciplinaire autour d’enjeux épistémologiques, théoriques et méthodologiques relatifs à l’étude de la dimension spatiale des rapports sociaux.

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Le formulaire d'inscription est en ligne. Inscriptions du 17 février au 21 mars 2014. Pour plus d'informations cliquez sur l'onglet "s'inscrire".  

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Nous vous  attendons mercredi 9 avril à partir de 8h30 dans les hall du batiment N

Appel à communication

Appel_Colloque_ESO_2014.pdf

 

Ce colloque s’inscrit dans la dynamique de recherche de l’équipe ESO (UMR 6590 « Espaces et Sociétés »), forte d’une tradition de géographie sociale reconnue à l’échelle nationale et internationale, et qui s’est reconfigurée au fil des années selon une orientation interdisciplinaire. L’objectif du colloque est de susciter un dialogue interdisciplinaire autour d’enjeux épistémologiques, théoriques etméthodologiques relatifs à l’étude de la dimension spatiale des rapports sociaux.En effet, même s’il convient de se méfier fortement de la rhétorique du nouveau et du changement, qui
constitue aujourd’hui un topos quasi obligé pour susciter l’intérêt et se démarquer d’autrui, l’idée émise de différents horizons selon laquelle les sciences humaines et sociales connaissent depuis maintenant quelques décennies un « tournant spatial » nous paraît largement justifiée. Cette idée de tournant renvoie tout d’abord à un changement de sensibilité et de perspective du point de vue des modèles d’analyse et d’interprétation, rendant compte d’un intérêt croissant pour la dimension spatiale des rapports sociaux. Ce changement a été porté notamment par deux évolutions majeures : - l’entrée en crise des grands paradigmes historicistes et universalistes qui considéraient le monde social, ses caractéristiques et ses dynamiques à travers des modèles massivement aspatiaux, comme les théories de la modernisation et du développement et une partie des courants marxistes :

- la relativisation de l’échelle nationale, qui a largement configuré les problématisations des sciences humaines et sociales, autour de la figure politique de l’État-nation, mais aussi d’un ensemble d’imaginaires et de modèles implicitement organicistes, revenant à naturaliser la « Société » en tant que grand intégrateur des rapports sociaux ; ceci a conduit à inscrire l’investigation théorique et empirique dans un espace à la fois représentationnel et territorial fortement borné.
L’hypothèse du « tournant spatial » peut également s’entendre en un autre sens que celui d’un changement de sensibilité et de perspective, soit un changement de paradigme à l’intérieur même des disciplines ayant historiquement constitué l’espace en objet d’étude scientifique privilégié. Ici aussi, la rhétorique du tournant est facilement mobilisée, et prend la forme du « tournant constructiviste ». Cette expression désigne une critique radicale des approches naturalistes, essentialistes et déterministes de l’espace. Raisonner en termes de construction de la dimension spatiale des rapports sociaux, c’est à la fois refuser clairement d’emblée toutes les figures de la séparation entre « le spatial » et « le social » et inscrire l’analyse dans un horizon marqué par l’élaboration temporelle et spatialisée, à la fois structurelle et contingente des phénomènes étudiés.  Ces évolutions ne sont pas simplement le produit de dynamiques endogènes aux sciences humaines et sociales, elles sont indissociables de transformations sociohistoriques majeures :
- les dynamiques de « modernisation » généralisées à l’échelle planétaire, qui mettent en évidence des phénomènes de convergence, mais aussi de divergence, rendent obsolètes les figurations univoques en termes de progrès ou de révolution, et obligent à prendre en considération la contingence des configurations sociospatiales ;
- les dynamiques de mondialisation et de régionalisation (tant supra- qu’infranationale), qui rendent de plus en plus incontournables les approches multiscalaires ; - les dynamiques d’interaction accélérées des activités humaines et des milieux terrestres renvoyant à la société urbaine-technologique et à l’imaginaire productiviste et consumériste comme forces majeures de changement, qui requièrent de penser le couplage entre sociétés, techniques et « nature » ;
- la révolution liée à l’avènement du « cyberespace », dont nous ne vivons certainement que les formes inaugurales, qui exige de penser dans toute sa profondeur « l’espace de la virtualité réelle », à l’échelle des individus comme des collectivités.

   

 

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